[Test] Monster Hunter World PC, barbecue dragonesque en multi

Test version PC après 30 heures de jeu.

Quand t’es pas fan de RPG japonnais mais que…

Une saga que j’ai zappé

Monster Hunter… comment dire, je suis totalement passé à côté de cette saga depuis qu’elle existe en 2004 (1er épisode sur PS2). En même temps, je jouais principalement sur Xbox et PC à l’époque. Et puis, le gros succès de Monster Hunter World sur console (PS4 et Xbox One) a fait un tel bruit que je n’ai pas pu m’empêcher d’y jeter un oeil.

L’épisode de la démocratisation

Je ne suis pourtant pas du tout adepte des univers RPG japonnais. Je trouve en général que les personnages y sont stéréotypés et assez souvent… niais. En général, je n’accroche tout simplement pas aux histoires et ne m’attache pas aux personnages, c’est comme ça. Mais voilà, sa sortie récente sur PC (9 août) et les quelques tests PC parlant globalement d’un portage réussi m’ont quelque peu titillé. Et c’était sans compter sur les amis qui eux, ni une ni deux, se sont empressés de prendre le jeu. Entre les fans de la série ou des univers heroic fantasy à la japonaise et autres adeptes du farming, il faut dire que j’étais bien entouré… Donc je suivis le mouvement.

C’est quoi Monster Hunter ?

Monster Hunter, c’est pour moi un mix de beat them all et de RPG en vue TPS. Comme son nom l’indique, on y incarne un chasseur qui va péter (ou capturer) des monstres. Mais là où le jeu se démarque du pur beat them all, c’est que le moindre monstre peut être qualifié de “boss” et que la chasse est en général un long et dur combat. Dans Monster Hunter, on ne dégomme pas 150 créatures pour péter un boss à la fin. Le boss, on l’affronte direct, quelle que soit la quête de chasse.

C’est l’histoire d’un bon et d’un mauvais chasseur

L’histoire de Monster Hunter, en gros, c’est (je cite le test de JV.com) : d’enquêter sur le mystère de la « Traversée des anciens », un phénomène cyclique durant lequel certaines des créatures les plus puissantes du monde migrent vers le nouveau monde. Sur les traces de l’imposant Zorah Magdaros, les chasseurs de votre flotte découvriront bien vite que quelque chose perturbe l’équilibre écologique naturel des choses et attire les Dragons Anciens vers ces terres pleines de merveilles. Perso, j’ai du mal à accrocher au scénario mais ça n’est pas son principal intérêt comme vous allez voir…

 

Personnages et équipements fantaisistes

Votre Chat-sseur

Comme tout bon RPG qui se respecte, on crée d’abord son personnage de A à Z parmi moult options de personnalisation (sexe, taille, visage ou encore vêtements). On se retrouve même à créer un chat (oui, oui) qui se nomme Palico et qui va nous accompagner durant toute notre aventure, un peu comme le “Pet” du chasseur dans WoW. Quand je vous disais que je trouvais les RPG japonnais un peu niais, dites-moi ce que vient faire un chat dans un jeu où l’on combat des dragons et des T-Rex… Bon j’adore les chats donc ça passe 😊.

Un bazookatana, ça vous dit ?

Pas de classe à proprement dans Monster Hunter, c’est le choix d’arme et d’armure qui définit votre style de jeu. En tant que RPG japonnais, on peut dire que Monster Hunter fait dans le “fantaisiste” quand il s’agit des armes : une hache qui se transforme en épée, un bâton qui sert à commander un insecte, une corne de chasse permettant de jouer des mélodies (mais  pouvant aussi casser des bouches puisque ressemble plus à une masse qu’à une corne) sont quelques exemples d’armes, originales dirions-nous, que vous pourrez équiper dans ce jeu. Moi qui suis “pro-RPG occidental”, j’ai donc opté pour un plus classique marteau de guerre mais qui fait la taille de mon personnage quand même. Pour le réalisme, on repassera…

Pour l’armure, plutôt Dino ou Dragon ?

Les armures font plus “classique” avec des pièces d’équipement pour habiller la tête, le cou, le torse, les bras, les jambes et les pieds. Chaque pièce dispose de caractéristiques diverses comme la résistance physique mais aussi élémentaire (feu, foudre, glace etc.) ainsi qu’un talent spécifique. Ce talent sera plus ou moins adapté à votre style de jeu (arme notamment).

Le jeu propose tout un tas de sets d’armures, c’est-à-dire un ensemble de pièces d’armures assorties et de la même “collection”. Il s’agit en général d’un ensemble de pièces d’armures issu d’un même monstre, les objets récoltés sur celui-ci servant à la fabrication de celles-ci. L’aspect reprend des détails du monstre en question comme la peau, les cornes ou encore les ossements. Idem pour les résistances élémentaires de l’équipement qui correspondent alors à celles du monstre en question. On peut fabriquer aussi des armes à partir des monstres.

Crafting en mode “auto pilot”

Le crafting des consommables et autres équipements passe par la chasse mais aussi par la récolte, abondante. Cette dernière est assez simplifiée pour éviter de casser le rythme. Des sortes de lucioles (appelées navicioles) nous indiqueront les plantes ou autres minerais pouvant être exploités à proximité et en 3-4 secondes, on récupère toutes les ressources puis on passe au “gisement” suivant. Les objets à crafter (potions, munitions, pièges…) peuvent aussi être créés automatiquement dès les ressources récupérées. Ainsi on s’évite de longues minutes de fabrication via la rubrique artisanat. On a même la possibilité d’exploiter une ferme botanique qui produira pour nous de nombreuses ressources.

 

Talent mixeur

Des sets d’armures qu’il ne vaut mieux pas porter ?

Sur les armures, il faut noter que bien qu’il soit esthétiquement beaucoup plus logique de porter un set d’armure et non des pièces provenant de différents sets, on recommandera plutôt au joueur à haut niveau de mixer. En effet, les talents disponibles sur les pièces d’armures sont en général tous différents sur un même set ce qui a tendance à disperser un peu trop les talents du joueur.

La faute aux talents

Un talent pouvant se cumuler sur 3 niveaux (pour augmenter son efficacité du simple au triple en gros), il est plutôt conseillé d’équiper 3 pièces d’armures qui disposent du même talent et qui ne sont pas du même set plutôt que 3 pièces du même set. Les 3 pièces en question cumuleront donc le dit-talent jusqu’à son niveau 3 pour être au max avec ce talent.

Personnellement, je trouve qu’il est dommage de ne pas avoir privilégier l’utilisation des sets complets, ça a quand même plus de gueule qu’un set venant de 6 monstres différents… ceci dit, vous pouvez largement finir l’aventure avec un set complet mais ça sera potentiellement plus dur pour le contenu haut level.

 

Chasse aux monstres XXL

Préparation

Avant de démarrer la chasse proprement dite, il faut se préparer : on peut faire cela soit au QG des chasseurs (votre ville de départ en gros), soit dans votre camp d’expédition (la zone de chasse). Manger permet d’avoir des bonus (vie, attaque, défense…). Mais l’équipement aussi est essentiel : potions, munitions, pièges diverses, on ne va pas à la chasse les mains dans les poches.

Traque

Une fois prêt, commence la traque du monstre. Et oui, le monstre se balade sur la carte et n’est pas directement sur votre GPS. Il faut d’abord trouver ses traces. Empreintes ou encore crotte (et oui il faut se salir un peu les mains…) seront les meilleurs indices pour suivre la trace du monstre. Et lorsque l’on a collecté suffisamment de ces indices, des lucioles vous indiquent alors le chemin à prendre pour rejoindre le monstre. Pratique.

Bagarre

La première impression lorsque l’on voit les premiers monstres est juste ahurissante : leur taille et leur férocité imposent. Et pourtant, les premiers monstres qui ressemblent à nos vrais dinosaures ne sont rien comparés à ce que vous allez devoir affronter par la suite. Mais dès le début, on se dit que ça va être dur. Et effectivement, nos premiers combats avec les potos sont ardus. On ne sait pas trop où taper tellement les monstres sont gros et surtout, on n’a pas l’impression de faire mal… Le monstre lui en revanche, tape fort, nous charge, nous piétine.

EZ win (ou pas)

Et puis arrive le moment où il tombe une première fois, on s’acharne alors sur lui pour le terminer. Mais il se relève et prend la fuite en boitant le bougre ! Plusieurs phases de combat et fuite sont parfois nécessaires pour l’achever. Le 1er kill de monstre est un moment vraiment gratifiant, surtout quand on le fait en équipe. Un combat pouvant durer parfois une demi-heure qui s’achève par la capture ou la mort du monstre et qui nous offre des récompenses souvent synonymes de meilleur matos, que demander de plus ? A noter que la capture du monstre offrira plus de récompenses (loot) que sa mort.

 

Quêtes de chasse

On chasse ou on chasse ?

En termes de quêtes, ne vous attendez pas à beaucoup de variété même s’il existe de nombreux types de missions. Les quêtes à proprement parler permettent d’avancer dans l’histoire tandis que les contrats, requêtes ou missions libres permettront de faire progresser son personnage. Il y a aussi des événements qui sont des quêtes uniquement disponibles en ligne et qui peuvent se jouer en raid (pas encore testé mais ça promet !). Mais quel que soit le type de mission, vous ne ferez pas grand chose d’autre que de la chasse, de la capture ou de la récolte.

Mais chaque chasse est unique !

Cependant, la richesse du bestiaire (une bonne trentaine de monstres) et l’écosystème vous offriront toujours des situations variées et épiques : un T-Rex qui vient se mêler à votre combat contre un lézard géant par exemple ou un dragon qui vous vient en aide à la fin d’un combat… Sans compter que chaque monstre nécessite d’être bien étudié avant d’envisager de le battre aisément : enchaînements (pattern), forces, faiblesses et résistances diverses qui vous feront en général changer votre équipement. Les arènes et modes d’entraînements seront aussi des endroits recommandés pour perfectionner vos enchaînements et mieux maîtriser certains monstres.

 

Interface RPG de “consoleux” !

Oubliez le drag and drop

Parlons un peu de l’interface. Et bien, je dois vous avouer que je ne m’y fais vraiment pas. On sent que le jeu a d’abord été optimisé pour consoles et donc manettes… La moindre action dans l’inventaire (créer ou améliorer un équipement par exemple) nécessite de passer par une ribambelle d’écrans et de boutons d’actions différents. Un vrai calvaire quand on a connu des RPG PC occidentaux… D’ailleurs pour créer ou améliorer son équipement, vous avez exactement le même écran mais vous devez passer par 2 chemins différents pour faire ces 2 actions (ce qui nécessite de nombreux aller-retours dans l’interface lorsque vous créez puis améliorez une pièce). Pareil pour s’équiper, vous passerez par un autre chemin alors que que les 3 actions (créer, améliorer, s’équiper) auraient pu aisément être combinés…

Oubliez carrément l’ergonomie en fait

La clarté de l’interface est pour moi largement perfectible : votre liste d’équipement tient dans une micro-fenêtre avec des pictos vous indiquant seulement le type d’équipement (torse ou brassard). Si vous cherchez une pièce d’équipement précise (ce qui arrive bien souvent si l’on veut s’adapter à chaque monstre), vous devrez parcourir les objets un par un pour trouver le bon… On a connu tellement mieux sur PC !

 

Jouabilité très correcte

Jouable à la manette ou clavier/souris

En terme de jouabilité, de mon côté je joue à la manette car je trouve cela plus confortable (et surtout je joue CaC) mais la jouabilité au clavier/souris est pas mal aussi aux dire de mes potes. On conseillera évidemment le combo clavier/souris pour les DPS à distance qui viseront beaucoup mieux qu’à la manette.

Une caméra qui galère un peu quand même

Lorsqu’on joue CàC, on a bien souvent le monstre sur nous et il n’est pas toujours évident de voir son perso lorsqu’on se retrouve juste en dessous. Il faudra bien souvent bouger nous-même la caméra pour retrouver un angle de vue potable. A noter qu’il est possible de “lock” l’adversaire (la caméra se fixe sur lui) mais pour une raison que j’ignore, dès qu’on se prend un coup, le lock se désactive. Autant dire qu’avec toutes les beignes qu’on se prend, ça n’est pas pratique

 

Le multi, oui MAIS…

Mais t’es où ??

Parlons ensuite de l’interface multi qui pour moi là encore est une hérésie. En gros le système vous propose de rejoindre des sessions de 50 joueurs. Jusque là, ça va on se dit qu’on va largement pouvoir jouer avec tous ses potes (sachant que la plupart des quêtes se font à 4). Mais première surprise lorsque vous rejoignez la session d’un pote, vous ne le voyez pas… Au départ, on a pensé qu’il s’agissait d’un bug. En fait, les seuls endroits où vous pouvez croiser vos coéquipiers, c’est uniquement lorsque vous partez en quête (sur la zone de quête) ou encore sur le “grand pont”, un lieu où vous pourrez notamment jouer en arène. Si vous pensiez croiser vos potes, admirer leur stuff ou échanger des objets “en ville”, passez votre chemin.

Chacun son Histoire

Les choses se gâtent au niveau de l’interface lorsque vous vous voulez lancer un quête avec vos potes. Au départ nous voulions faire le mode histoire ensemble. Après avoir vérifié qu’on en était au même stade de l’histoire (la quête principale s’affiche en haut à droite), on court au panneau de quête pour que l’un de nous lance la quête en question et que les autres la rejoignent. Et bien à chaque fois que nous avons voulu le faire, un message “vous n’avez pas encore assez progressé dans l’histoire” s’est affiché et nous avons donc pas pu “grouper”.

Et pourtant, il est évident que nous en étions au même stade de l’histoire. J’ai supposé qu’il s’agissait d’un bug ou que le jeu n’autorisait pas de faire l’histoire en mode multi. Je trouve cela un peu bête car on peut RE-jouer les quêtes du mode histoire à plusieurs. Peut-être que les dev’ souhaitaient que les joueurs fassent l’histoire en solo pour s’immerger dedans. Perso, vu l’histoire proposée, on se dit qu’à plusieurs, ça aurait été tout aussi bien voire mieux. C’est tout simplement incompréhensible.

Et toujours cette interface…

Ajoutez à cela la lourdeur de l’interface qui vous oblige à vous présenter à un endroit précis pour démarrer une quête (panneau ou PNJ en ville) ou même les nombreuses actions parfois un peu inutiles pour lancer l’expédition (ex : les 4 joueurs sont “prêts” et pourtant il faut quand même que le chef de groupe lance, on aurait pu imaginer que cela se fasse automatiquement non ?)… Franchement, pendant les premières heures, je pestais énormément contre le jeu. Puis on finit par s’y habituer et à prendre son mal en patience.

 

Bilan de chasse

Le kiff de la chasse en groupe

Ce qui compte in fine, c’est la chasse et le plaisir que l’on prend à plusieurs une fois en mission. Et là-dessus, le jeu est une franche réussite. On doit faire attention à ses placements pour ne pas gêner les autres joueurs. Même s’il n’y a pas de “friendly fire”, chaque coup que l’on donne à un coéquipier va interrompre le moindre de ses enchaînements en plus de le bousculer. Sur des monstres plus avancés, une bonne coordination est nécessaire pour la pose des pièges, des barils ou autres lancés de bombes. Une complémentarité des classes est aussi un plus pour espérer triompher des plus difficiles : DPS à distance, talents de soutien, munitions de soin sont quelques exemples pour aider au mieux son équipe.

Beau mais gourmand

Enfin, le jeu met une grosse claque graphique avec des paysages sublimes, des animations de monstres plus que crédibles (quand ils boitent 😍) et un level design très inspiré avec beaucoup de verticalité. Le revers de la médaille, c’est qu’il faut plutôt une grosse config pour le faire tourner à fond. En élevé, par exemple sur mon Core i7 7700k et GTX 980, le jeu ne tourne “qu’à” 45-50 FPS en 1440p. D’ailleurs, grosse déception sur les résolutions puisque le jeu ne supporte pas le 21/9 et affiche le jeu uniquement en 16/9 (alors que le 3440×1440 est proposé dans les options). Une aberration pour un jeu de 2018 qui sera je l’espère rapidement corrigée lors d’un prochain patch.

Un jeu finalement très addictif

Voilà, mis à part des soucis d’interface et de lisibilité, un mode histoire qui ne peut pas être fait en multi (hormis pour les quêtes déjà terminées), Monster Hunter World est une baffe d’Anjanath que l’on prend de plein fouet, pour notre plus grand plaisir. Durée de vie monstrueuse, missions à gogo et challenge très relevé en font un jeu que l’on a envie de poncer jusqu’au plus haut niveau. A plusieurs, c’est un régal une fois que l’on arrive à comprendre comment jouer ensemble (ah l’interface…).

Barre de kiff en multi :

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