Tennis World Tour : ce jeu mal fini qui devait quand même sortir

Quand ton match de tennis se transforme en patch…

Tout récemment, Alain Falc, Président fondateur de Bigben Interactive annonçait au site Le Monde plusieurs choses pour le moins embarrassantes sur le très critiqué Tennis World Tour (50/100 sur Metacritic):

Le départ a été chaotique, reconnaît-il à propos de Tennis World Tour, un projet qui n’était terminé qu’à 20 % à quelques semaines de sa sortie. Il a néanmoins refusé de repousser cette dernière pour ne pas perdre le bénéfice des campagnes marketing déjà engagées.

Les amateurs de tennis s’y amusent, jure M. Falc, et grâce au dématérialisé, le jeu sera constamment amélioré dans les mois à venir, avant une réédition peaufinée l’an prochain.”On a mis 500 000 pièces sur le marché mais avec beaucoup de distributeurs qui n’ont pas de droit de retour, donc on sait qu’on sera bénéficiaire.

Si je n’ai pas eu la “chance” de tester le dit-jeu, j’ai comme beaucoup de personnes je pense été assez choqué par ces propos

Parmi les principaux reproches qu’on peut lire, Tennis World Tour ne dispose actuellement d’aucun mode en ligne ni de doubles, des animations assez ratées et des problèmes de caméras…

On sort donc un jeu que l’on sait non fini parce que l’on a déjà investi sur la campagne marketing ? M. Falc aurait dû carrément dire que le jeu devait sortir à temps pour Roland Garros tant qu’à faire, c’aurait été limite moins choquant…

Et de toute façon le jeu va être patché et ressortira fini dans un an en version complète… sous-entendu finie ? Et qu’en est-il des joueurs lésés qui auront payé pour un jeu non fini ? J’espère sincèrement pour eux qu’ils seront dédommagés d’une manière ou d’une autre.

Le patch : solution miracle ?

Le cas Tennis World Tour à défaut d’avoir pu réconcilier le jeu vidéo avec le tennis a au moins le mérite de soulever un point important : le business semble pour beaucoup d’éditeurs primer sur la qualité. Un jeu n’est pas fini mais dispose déjà d’une date de sortie et de bons volumes de pré-commandes ?

“Pas grave, sortons-le, on patchera de toute façon.”
“Oui, mais si on le peaufine encore un mois, il sera nickel.”
“T’es fou dans un mois, il y a Call of Duty…”
“Après alors ?”
“Non, non il faut lancer cette année pour faire les objectifs… On PATCHERA.”

Le patch, c’est devenu la solution miracle pour un éditeur. Votre jeu est quasi fini mais il a dû partir en pressage. Faites un patch “day one” comme ça dès sa sortie, il sera nickel (même si les joueurs vont devoir télécharger plusieurs Gigas et parfois attendre plusieurs heures/jours selon leur connexion).

A chaque problème son patch : rééquilibrage, optimisation (coucou les jeux PC), corrections de bugs divers, compatibilité avec tel ou tel périphérique/service… il est vrai que le patch a du bon. Dans certains cas, un patch peut effectivement consister à apporter une vraie amélioration au jeu : un rééquilibrage du jeu qui a pu être demandé par les joueurs, une nouvelle fonctionnalité utile (ex : un système de matchmaking sur un jeu online).

Et regardez à l’époque il n’y avait pas de patch et vous étiez bien embêté si votre jeu avait un problème… oui mais sauf qu’à l’époque, les jeux étaient globalement mieux finis : plus simple à coder aussi sans doute et en plus, le patch n’existait pas.

Alors il est évident que des éditeurs ont plus de moyens financiers que d’autres et peuvent se permettre des retards ou encore de renforcer leurs équipes pour les combler. Mais tout de même… il y a un minimum de standards à respecter pour ses clients, peu importe le budget au final.

Les exemples ne manquent pas…

Si l’on regarde maintenant en dehors de Tennis World Tour, les cas ne manquent malheureusement pas, mêmes chez les gros éditeurs. Prenons Ubisoft avec Assassin’s Creed Unity et ses bugs en pagaille et problèmes de performances sur PC ou encore Call of Duty Black Ops 3 sur quasiment toutes ses versions qui rencontraient de nombreux crashs. Driveclub a connu également un lancement chaotique avec des serveurs constamment en panne (dommage pour un jeu de course multi…).

Ceci est un screenshot d’Assassin’s Creed Unity. Oui, oui.

Batman Arkham Knight version PC est probablement le pire cas que j’ai en tête avec un jeu quasiment injouable sur cette plateforme : crashs au lancement, jeu bloqué à 30 FPS mais de toute façon même une bonne carte graphique arrivait à peine à les atteindre (quand ça chutait pas sous les 5 FPS). Warner avait même été contraint de retirer le jeu de la vente sur Steam et de rembourser les acheteurs

Annonce de remboursement de Batman Arkham Knight PC

Mais malgré tous ces exemples bien connus, tous les éditeurs ne semblent pas retenir la leçon. Dommage…

Sur ce, je retourne faire quelques échanges sur ce bon vieux Top Spin 4 !

 

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